mardi 1 juin 2021

Sortie ciné #2 : Promising Young Woman de Emerald Fennell (coup de cœur)


Promising Young Woman

Écrit et réalisé par Emerald Fennell

Avec Carey Mulligan, Bo Burnham,
Laverne Cox, Jennifer Coolidge...


Cassie était une jeune femme à l'avenir prometteur jusqu'au jour où un terrible évènement chamboule ses plans. Elle part alors en croisade pour se venger et rendre justice.


Il s'agit du premier film d'Emerald Fennell, elle est également l'autrice de plusieurs romans (non traduit en français), actrice que l'on peut voir notamment dans Danish Girl (que je vous conseille) et dans la série The Crown où elle interprète Camilla Parker, elle a aussi été scénariste de la seconde saison de Killing Eve.

Promising Young Woman a été nommé à de multiples reprises et a remporté de nombreux prix dont l'oscar du meilleur scénario original, les BAFTA du meilleur scénario original et du meilleur film britannique, le Spirit Award du meilleur scénario, le prix du meilleur premier film à l'Austin Film Critics Association... Carey Mulligan a par ailleurs remporté plusieurs fois le prix de la meilleure actrice pour son interprétation dans le film.

La crise sanitaire a mis à mal l'exploitation du film, celui-ci est disponible en téléchargement illégal depuis plusieurs mois déjà, alors qu'il est en salle en France depuis le 26 mai.

Il s'agit d'un film à petit budget (entre 5 et 10 millions de dollars), à la production on retrouve notamment la comédienne Margot Robbie avec sa société de prod LuckyChap, Emerald Fennell est également co-productrice. Il a été tourné en seulement 23 jours.  Emerald y fait même un caméo, elle est la YouTubeuse dont Cassie suit le tuto makeup.


Promising Young Woman mêle les genres : comédie noire, rape & revenge, thriller, comédie romantique et le fait bien.

Le film aborde de nombreux thèmes autour de la culture du viol dans laquelle on vit, il va s'attarder sur le consentement lorsqu'on a consommé beaucoup d'alcool, l'impunité des violeurs et l'impact inexistant lorsqu'une victime prend la parole. Il faut avant tout donner le bénéfice du doute à l'accusé, ne pas croire une victime et détruire l'avenir des coupables, par contre l'avenir des victimes... Il est aussi question de la culpabilisation des victimes, elles ont bu, c'est de leur faute si elles se sont fait agresser, le slut-shaming est mentionné mais aussi le harcèlement que les femmes subissent quotidiennement. On voit aussi la solidarité entre hommes même lorsque le pire est commis, fraternité avant tout ! La morale ? Qu'est-ce que c'est ? On se questionner aussi sur le fait de rendre justice soi-même, thème abordé dans de nombreux films, je pense notamment à l'excellent Prisoners.

Le film ne prend pas de pincettes et préfère y aller franco pour faire passer son message. J'ai ressenti de la colère face à ces injustices tout comme Cassie. Je pense qu'en tant que femme, on ne peut qu'être touchée par les évènements montrés et dénoncés.

Le casting est très important, dans les rôles masculins, nous avons des acteurs connus pour avoir joué de véritables "nice guys" et des personnages très appréciés : Adam Brody (Newport Beach), Chris Lowell (Veronica Mars, Private Practice), Max Greenfield (Veronica Mars, New Girl)... Ils nous apparaissent comme sympathiques pour se révéler être des enflures (et le mot est faible). Ces personnages ne se remettent pas en question un instant et c'est ce qui fait mal.


Le film est divisé en plusieurs actes, j'ai totalement adhéré à ce procédé et à la mise en scène général de ce long métrage. C'est très coloré et ça contraste avec les propos du film. La BO est fantastique, je l'ai écouté plusieurs fois, les différentes reprises sont excellentes et le remix grinçant de Toxic implacable ! (Dispo en fin d'article)

J'ai lu qu'on reprochait au film son manque de subtilité et bien pour tout vous dire je suis ravie justement que tout ne soit pas hyper subtil, j'en ai marre de la subtilité lorsqu'on aborde ces sujets. Le film questionne sur nos comportements, que l'on soit un homme ou une femme. D'ailleurs les femmes sont aussi coupables (coucou le slut-shaming et la culpabilisation) et même si Cassie est méchante, je pense qu'il fallait ça pour qu'elles se remettent en question. 



La fin m'a glacé, la scène est vraiment violente et ne m'a pas laissé indifférente, j'étais sidérée et au bord des larmes. Je trouve qu'elle fait écho à l'actualité (je ne veux pas en dire plus pour ne pas vous spoiler). 

Il est aussi question de rédemption et de pardon par le biais de l'un des protagonistes.

Carey Mulligan est incroyable dans son rôle, il n'aurait pas pu choisir meilleure actrice, elle a un côté ingénue mais également "femme fatale", elle joue parfaitement sur tous les tableaux. J'ai adoré ces différents looks.

Je ne vais pas revenir sur toutes les scènes qui m'ont révolté, pour moi c'est une réussite de bout en bout !




J'ai été touchée par le père de Cassie, je l'ai trouvé bienveillant à l'inverse de sa mère qui lui met la pression. Je n'ai pas envie de m'attarder sur la romance car il y aurait aussi pas mal de choses à dire dessus. 


Vous l'aurez compris, Promising Young Woman est un véritable coup de cœur pour moi. Je suis d'ailleurs retournée le voir une seconde fois ! J'aimerai que ce film soit vu par toutes et tous, pas seulement par les personnes déjà convaincue des problèmes de notre société.

Il y a encore un tas de choses à dire de ce film mais j'en dis déjà beaucoup et je ne veux pas vous spoiler, alors je vous dirai une chose : foncez le voir !!!!!


 

samedi 29 mai 2021

Sortie ciné #1 : Slalom de Charlène Favier



Slalom de Charlène Favier

Écrit par Charlène Favier & Marie Talon

Avec Noée Abita, Jérémie Renier, Marie Denarnaud,
Muriel Combeau, Maïra Schmitt...

Lyz, 15 ans, vient d'intégrer une prestigieuse section ski-études du lycée de Bourg-Saint-Maurice. Fred, ex-champion et désormais entraîneur, décide de tout miser sur sa nouvelle recrue. Galvanisée par son soutien, Lyz s'investit à corps perdu, physiquement et émotionnellement. Elle enchaîne les succès mais bascule rapidement sous l'emprise absolue de Fred...


Il s'agit du premier long métrage de Charlène Favier, nommé dans plusieurs festivals en 2020 et 2021 notamment Cannes et Angoulême, il a remporté plusieurs prix dont le d'Ornano-Valenti au dernier Festival du cinéma Américain de Deauville et Noée Abita celui de la révélation féminine de l'année aux Lumières de la presse étrangères 2021.

Le film est sorti pour la réouverture des cinémas, ce mercredi 19 mai 2021, il a ainsi marqué mon retour dans les salles obscures qui m'avaient tant manqué.

Lors de son adolescence, Charlène Favier a subi des violences sexuelles dans le milieu du sport mais elle explique lors ses interviews qu'elle ne pensait pas que son premier film aborderai ce sujet. Elle affirme cependant qu'il ne s'agit pas d'une œuvre autobiographique car sa véritable histoire n'était pas dans le ski, qu'elle n'était pas Lyz et que sa famille était différente.

Si ce film a pu voir le jour et sortir en salles, c'est grâce au mouvement #Metoo, à la libération de la parole et aussi au témoignage de la patineuse Sarah Abitbol qui a dénoncé en janvier 2020 lors d'un entretien pour L'Obs les violences sexuelles dont elle a été victime par son entraîneur entre 1990 et 1992. Ce témoignage de violences subit dans le monde du sport a ouvert la porte à de nombreuses victimes.

Les personnages de Lyz et Fred sont très bien écrits, tout en nuances. On voit petit à petit l'emprise de Fred sur le corps de Lyz puis psychologique. On remarque le comportement de Fred, chaque geste jusqu'à la première agression. Lyz est totalement seule, son père est totalement absent, sa mère se décharge totalement de son rôle. Les scènes d'agression et de viol sont filmées de façon brute et réaliste, Lyz est sidérée, on assiste à ça sans pouvoir agir, on ressent sa souffrance, elle ne réussit à pas dire non, mais est-ce que ça aurait vraiment changé quelque chose ? Non, il sait qu'il franchit une ligne, son silence est assourdissant après chaque agression. L'une des scènes qui m'a le plus touché et celle de Lyz et sa mère à la fin. La fin redonne de l'espoir pour Lyz mais je trouve qu'elle arrive un peu trop rapidement.

Je trouve que c'est un film important de par son sujet. Noée Abita et Jérémie Renier sont vraiment épatants dans leur rôle, ils sont très justes. Je n'ai pas ressenti autant d'émotions que ce que je pensais en allant voir le film, c'est une déception sur ce point. Les scène de ski sont incroyablement bien filmées, Slalom est très beau visuellement. Le contraste entre la liberté qu'offre la montagne à Lyz et cette relation abusive qui l'emprisonne est saisissant. Un premier film réussi que je vous conseille.

3/5

mardi 18 mai 2021

Lecture #42 : Derrick Storm (tome 1 à 3) de Richard Castle

Le nom de Richard Castle ne vous est peut être pas inconnu ? En effet, Richard Castle est l'un des personnages principaux de la série policière Castle, qui comporte 8 saisons (2009-2016), elle était diffusée sur France 2 et actuellement disponible sur Disney+.

Stana Katic (Beckett) & Nathan Fillon (Castle)

On y suit Richard Castle, célèbre écrivain de polars et thrillers, qui devient consultant pour la police de New-York grâce à son ami le maire, suite à une enquête dont le tueur s'inspirait de ses romans. Il va alors suivre l'inspectrice Kate Beckett pour écrire ses nouveau roman dont le personnage principale sera Nikki Heat. 

On parle assez souvent de ses romans dans la série dont sa saga avec les personnage de Derrick Storm et Nikki Heat. La série rencontre un tel succès que les producteurs ont décidé d'écrire et de publier les romans sous le nom de Richard Castle. Mais qui se cache derrière l'écriture de ses romans ? Le mystère reste entier ! Le seul indice que la chaîne ABC a donné concernant le prête-plume serait que l'auteur a fait une courte apparition dans un épisode.



Richard Castle retrouve régulièrement de véritables auteurs lors de parties de poker avec lesquels il discute des affaires en cours. Ainsi, on a pu voir Michael Connelly, James Patterson, Dennis Lehane, Stephen J. Cannell dans leur propre rôle.


Au total, on était publié aux Editions City 5 tomes avec Derrick Storm (en France, les 3 premiers sont regroupés dans un seul roman pour un total de 300 pages environ) et la saga Nikki Heat comporte 10 tomes dont le dernier Piège de Chaleur a été publié en France en mai 2019

Je n'avais jamais vu l'intégralité de la série et je me suis ruée dessus lorsqu'elle a été ajoutée au catalogue Disney + dans la rubrique Star. J'en suis actuellement à la cinquième saison et j'adore !

Il n'est absolument pas nécessaire d'avoir vu la série pour lire les romans.



Tempête à l'horizon, Tempête et orage,

Tempête de sang de Richard Castle


Résumé : Derrick Storm a quitté la CIA, pour se faire, il a dû simuler sa mort à l'aide de son ancien patron. Mais celui-ci lui demande une faveur et le force à sortir de sa retraite anticipée pour enquêter sur l'enlèvement du fils d'un sénateur de Washington. Rapidement, la politique internationale s'en mêle.


L'histoire est divisée en 3 parties. La première Tempête à l'horizon se déroule à Washington, on y fait la connaissance de Derrick Storm. La seconde : Tempête et orage nous emmène à Londres et enfin dans Tempête de sang, l'enquête conduit Derrick en Ouzbékistan.

J'ai failli décrocher dans la seconde partie car l'aspect politique prend une grande place et ça n'est pas quelque chose que j'apprécie, ça m'ennuie carrément. Mais comme jusqu'ici, j'avais trouvé l'histoire prenante et le style très fluide et agréable à lire, j'ai continué ma lecture, ce que je ne regrette absolument pas. Tempête de sang nous offre une chasse au trésor musclé et rythmé. Cette première histoire nous offre du suspens, de l'action, des intrigues et manigances politiques et de l'aventure ; un sacré mélange pour passer un bon moment.

J'ai été agréablement surprise par ce thriller, le rythme est soutenu, il n'y a pas de temps mort ou de longueurs. Mon seul regret serait que les personnages sont assez peu développés, ce que je regrette surtout pour Derrick Storm.

Je lirai avec plaisir les deux autres aventures de Derrick Storm et je suis curieuse d'essayer la série Nikki Heat. Vous risquez d'en entendre parler dans les mois à venir.

Richard Castle en pleine promo (Nathan Fillon)

mardi 11 mai 2021

Lecture #41 : Devenir de Michelle Obama






"Je crois que devenir ne signifie pas atteindre une destination ou un objectif donné. Je vois plutôt cela comme un mouvement qui porte vers l'avant, un moyen d'évoluer, une façon d'aspirer en permanence à s'améliorer. [...] Devenir exige autant de patience que de rigueur. Devenir c'est ne jamais renoncer à l'idée que l'on peut encore grandir."





Nous avons tous connu Michelle Obama lors de la campagne présidentielle de Barack Obama et lorsqu'elle est devenue Première Dame des États-Unis en janvier 2009. Mais elle est bien plus que l'épouse du premier président afro-américain élu aux États-Unis.

Michelle Obama est née le 17 janvier 1964 à Chicago, elle a grandi dans le South Side avec ses parents et son frère aîné. Elle est acceptée à l'université de Princeton où elle obtient un bachelor en sociologie puis intègre la prestigieuse université d'Harvard et décroche un doctorat en droit. Michelle Obama alors avocate rejoint le cabinet Sidley Austin. C'est là-bas qu'elle y rencontrera son futur époux Barrack Obama.

Portrait officiel 2013


Devenir sont les mémoires de Michelle Obama, qu'elle a écrites avec un prête-plume. Avec, elle revient sur ses racines, son enfance, sa scolarité, ses ambitions, son expérience en tant que Première Dame, la maternité et son rôle de mère.

Devenir a été publié le 13 novembre 2018, il a été traduit dans 24 langues et selon le New-York Times, il se serait vendu 14 millions d'exemplaires dans le monde entre sa sortie et novembre 2020.

Je n'aurai pas pensé un jour lire des mémoires, mais j'ai entendu plusieurs fois parler de celles-ci et je me suis dit : pourquoi pas ? Si ça ne me plaît pas, j'arrêterai ma lecture.


Devenir est un coup de cœur, le parcours de Michelle Obama m'a passionné. A travers ses mémoires, j'ai découvert une femme forte, indépendante, inspirante et engagée. J'ai été touchée à plusieurs reprises et je ne vous cache pas que j'ai même pleuré plusieurs fois. Je l'ai trouvé très sincère, elle nous parle de ses réussites mais aussi des difficultés qu'elle a rencontré en tant que femme et femme noire. Elle est à l'initiative de plusieurs projets en matière de lutte contre l'obésité infantile, l'éducation et la défenses des intérêts des familles de militaires. Il comporte trois parties : Devenir moi, Devenir nous et Devenir plus.

Je ne peux que vous conseiller cette lecture que j'ai trouvé très enrichissante et passionnante.

On retrouve un album photos au milieu de Devenir








Vous pouvez regarder sur Netflix, le reportage Devenir, réalisé lors de la tournée du livre de Michelle Obama. Il est agréable de mettre des visages sur des personnes qu'évoque Michelle dans ses mémoires, ainsi que des moments qu'elle nous a raconté.









Je clôture mon article avec quelques citations marquantes

Devenir moi

"Je crois d'ailleurs que c'est une des questions les plus bêtes qu'un adulte puisse poser à un enfant : Qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? Comme si on cessait un jour de grandir. Comme si, à un moment donné, on devenait définitivement quelqu'un, et qu'alors tout devait s'arrêter."

"La couleur de notre peau nous rendait vulnérables. Nous devrions faire avec durant toute notre vie."

"L'échec est un sentiment, bien avant d'être une réalité. C'est le fruit de la combinaison entre la vulnérabilité et le manque de confiance en soi, qu'aggrave ensuite, souvent délibérément, la peur."

Devenir nous

"De façon générale, je considérais les législateurs comme des espèces de tortues, la carapace coriace, le cuir épais, lents à se mouvoir, pétris d'égoïsme. Barrack était trop honnête, il portait des projets trop idéaliste. [...] Très honnêtement, j'étais d'avis que Barack allait se faire dévorer tout cru."

"Si je devais dresser la liste de ce que personne ne vous dit avant que ça vous tombe dessus, je pourrais commencer par les fausses couches. Une fausse couche est une expérience solitaire, douloureuse et démoralisante, presque au niveau cellulaire.[...] Ce que personne ne vous dit, c'est que ça arrive tout le temps, à bien plus de femmes qu'on n'aurait tendance à le croire eu égard au silence qui les entoure."

Devenir plus

"Le pouvoir d'une première dame est une chose étrange - aussi flou et aussi discret que la fonction elle-même. J'apprenais à m'en servir. Je n'avais aucun pouvoir de décision politique. [...] La tradition voulait que j'apporte une sorte d'aura subtile, flattant le président par mon dévouement, et flattant la nation, mais surtout sans la brusquer."

"J'étais déterminée à dire la vérité, toute la vérité, à utiliser ma voix pour faire entendre les sans-voix lorsque je le pourrais, et à ne pas abandonner ceux qui étaient dans la détresse."

"La domination, voire la menace de domination, est une forme de déshumanisation. C'est la forme la plus sordide du pouvoir. [...] J'avais si souvent été moquée et menacée, rabaissée pour être noire, femme et franche. J'avais senti peser les regards sarcastiques sur mon physique sur la place que j'occupais littéralement dans le monde. J'avais vu Donald Trump traquer physiquement Hillary Clinton pendant un débat, la suivant pendant qu'elle parlait, s'approchant de trop près, essayant de l'écraser de présence. Je peux te faire du mal et m'en tirer à bon compte. Les femmes subissent ce genre de vexation tout au long de leur vie - sous forme de sifflets, de pelotages, d'agressions, d'opression. Ces conduites nous blessent. Elles consument notre force."

"Et je me demanderai toujours ce qui a poussé tant de femmes, en particulier, à rejeter une femme candidate exceptionnellement qualifiée, pour choisir un misogyne comme président."

"Je suis une personne ordinaire qui s'est retrouvée embarquée dans une aventure extraordinaire". 

Disponible en livre de poche