samedi 10 juillet 2021

Rencontre avec Victor Dixen - partie 3 : focus sur la saga Vampyria

Vampyria est la nouvelle saga fantasy de Victor Dixen, il nous donne rendez-vous à Versailles, dans un monde figé suite à la transmutation du Roy-Soleil en vampyre en 1715. Le premier tome, La Cour des Ténèbres a été publié le 15 octobre 2020 dans la collection R des Editions Robert Laffont. Le second tome, La Cour des Miracles est disponible depuis le 17 juin.

Vampyria est une uchronie, c'est à dire qu'il s'agit d'un récit d'évènements fictifs à partir d'un point de départ historique, ici le règne de Louis XIV, dit le Roi Soleil.

Si les lecteurs sont au rendez-vous, Victor Dixen envisage d'écrire 12 tomes. En effet le Royaume de la Magna Vampyria est très vaste, comme nous pouvons le voir sur la carte présente dans le premier tome qui nous en montre une partie, puisqu'il s'étend des Amériques au Japon, en passant par l'Europe.

Article garanti sans spoiler !


Résumé : En l'An de Grâce 1715, le Roy-Soleil s’est transmuté en vampyre pour devenir le Roy des Ténèbres. Depuis, il règne en despote absolu sur la Vampyria : une vaste coalition à jamais figée dans un âge sombre, rassemblant la France et ses royaumes vassaux. Un joug de fer est imposé au peuple, maintenu dans la terreur et littéralement saigné pour nourrir l’aristocratie vampyrique.

Trois siècles plus tard, Jeanne est arrachée à sa famille de roturiers et catapultée à l’école formant les jeunes nobles avant leur entrée à la Cour. Entre les intrigues des morts-vivants du palais, les trahisons des autres élèves et les abominations grouillant sous les ors de Versailles, combien de temps Jeanne survivra-t-elle ?


Victor Dixen nous parle de Vampyria et de son inspiration 

Victor Dixen a souvent visité le Château de Versailles, en effet il a vécu à Versailles durant ses années de lycée, il courrait souvent et lisait autour du Grand Canal.

"C’est de là sans doute qu’est venu cette passion, cette fascination que je nourris pour Versailles, pour le Château en particulier, ce rêve de Louis XIV qui a surgi au milieu d’un marécage. C’est vrai qu'aujourd'hui, partout dans le monde, quand on dit le mot Versailles, les yeux des gens s’illuminent. J’ai eu la chance de vivre en Asie, à Singapour, maintenant aux États-Unis, partout Versailles évoque quelque chose, un rêve encore vivant 300 ans après. J’avais très envie d’écrire sur ce thème. Je me suis lancée dans Vampyria.

J’avais depuis longtemps envie d’écrire sur les vampires. Adolescent, j’ai lu beaucoup de livres de vampires, notamment les grands classiques gothiques. Je pense notamment à Bram Stocker avec Dracula, Sheridan Le Fanu avec Carmilla, Les Chroniques de Vampires d’Anne Rice, plus récentes, que j’ai adoré étant ado.

T.2 de la saga Vampyria

Les deux thèmes se sont télescopés et de manière assez naturelle, je me suis dit, ça colle extrêmement bien : Versailles, les vampires. Puis ce personnage de Louis XIV sur lequel j’ai beaucoup lu de biographies, il est fascinant parce qu'il s’est mis entièrement en scène pendant toute sa vie, ou en tout cas presque toute sa vie d’adulte. Depuis le petit lever jusqu’au petit coucher, il était scruté en permanence. On pourrait dire que Kim Kardashian et les réseaux sociaux à côté ce n’est rien du tout, c’est le premier influenceur de l’histoire. Mais c’est vrai, que d’après les contemporains, quand on lit les mémorialistes, son visage restait impénétrable, il était très difficile à percer. Et voilà ça en fait un personnage de fiction magnifique aussi avec cette idée que ce monarque absolu qui a eu le règne le plus long de l’histoire de France, s’il avait eu les moyens de le prolonger au-delà de 1715, il l’aurait saisi. Ce moyen je lui ai offert grâce à la fiction avec le vampirisme. Il devient le premier vampire de l’histoire, il se transmute en 1715 et il continue son règne jusqu’à nos jours.


Le roman se situe de nos jours au 21e siècle mais le monde est resté dans les conditions baroques du Grand Siècle."


A propos du personnage Jeanne FroideLac, héroïne de Vampyria

Camées de La Cour
des Ténèbres

"C’est la magie de la littérature, et tous les romanciers peuvent en témoigner, c’est qu’on sort de sa peau pour devenir un autre. C’est un des grands plaisirs de la littérature, on échappe à soi-même et en même temps le personnage c’est à la fois soi et quelqu’un d’autre, surtout quand on utilise la première personne, ce qui est mon cas dans Vampyria pour Jeanne. J’avais envie d’un personnage très dynamique parce que j’ai ce monde figé depuis 300 ans, soumis au règne des vampires, un monde très statique et j’avais envie d’une héroïne qui soit comme un boulet de canon, qui aille très vite à la fois dans sa psychologie et dans ses actions. Et pour le coup, je courrais après elle dans l’écriture, j’avais vraiment l’impression d’être tenu en haleine, elle allait presque trop vite pour moi. C’est pour ça que j’ai apprécié ce personnage, elle m’a beaucoup créé des sueurs froides parce qu’elle allait dans des directions que je n’imaginais pas du tout.

Je voulais une héroïne qui ne laisse pas indifférente, quitte à être à la limite entre l’héroïne et l’anti-héroïne. Je pense que le pari est réussi par rapport aux retours que j’ai eu. Je pense qu’elle a une grande capacité d’évolution, justement parce qu’elle est très imparfaite. Elle a la capacité de changer, d’évoluer, d’apprendre de ses erreurs. Dans le cadre d’une saga comme Vampyria, avoir plusieurs tomes me permet de suivre un personnage, notamment jeune adulte, au fil de son évolution, de sa maturation, par rapport aux épreuves qu’elle traverse et aux choix qu’elle fait, et en subir les conséquences. Ça va être beaucoup de cela dont il sera question dans les tomes suivants : assumer toutes les conséquences des actions, des décisions qu’elle a prise, parfois à l’emporte-pièce.

Mon héroïne Jeanne, elle se bat certes pour sa survie, pour sa vengeance mais aussi pour que la jeunesse puisse exister, pour que l’avenir puisse enfin arriver dans ce monde figé dans le passé depuis 300 ans."

 

Camées de La Cour
des Ténèbres

Quand on envisage 12 tomes, sait-on ce qui va se passer dans le 12° ?

"Alors oui et non, j’ai tendance à planifier pas mal mes romans car il s’agit de thrillers, s’il faut les mettre dans une case. Et un thriller doit être un peu écrit comme du papier à musique pour la gestion du suspens, des révélations donc j’essaie de planifier déjà chaque tome quand je l’écris et puis un arc général de la série. Ceci dit, les personnages nous échappent nécessairement et d’ailleurs c’est un bon signe quand c'est le cas, ça veut dire qu’ils deviennent vivants. Ils nous emportent dans des chemins qu’on n’avait pas envisagés, d’où ce petit frisson de se dire : est-ce que je vais arriver à destination ? À la fin, à la conclusion que j’avais envisagé avec un personnage qui n’en fait qu’à sa tête. Voilà, il faut essayer de tenir la barre tout en laissant du mou pour le personnage et naviguer vers un point de destination."

Pourquoi écrire les mots "vampire" et "roi" avec un "y" en lieu et place du "i" que nous connaissons ?

"C’est la graphie originale, vampire s’écrivait avec un Y à l’origine, de la même manière que roi et reine s’écrivaient avec un Y au 17e siècle, j’ai voulu respecter cela pour me plonger davantage dans les conditions du Grand Siècle. J’accorde beaucoup d’importance aux aspects graphiques de mes livres. Le livre objet est précieux. Toutes les têtes de chapitre sont rédigées dans une police qui a été créée par Louis XIV lui-même, c’est d’ailleurs écrit à la fin de l’ouvrage, c’est le Romain du Roy qui a été créée sur ordre de Louis XIV et voilà ça m’amusait de réutiliser cette police pour le roman. »


Lecture d'un passage de La Cour des Ténèbres


Discussion autour de l'objet livre, très important pour Victor

"Quelque soit le roman, que je fasse de la science-fiction ou de la fantasy, l’aspect livre objet est très important. Déjà parce qu’en tant que lecteur j’y accorde beaucoup d’importance. Les livres qu’on manipule, les images, tout l’univers graphique qu’il y a autour. Donc quand je me lance dans un nouveau roman, j’identifie des artistes dont j’apprécie le travail et ensuite je propose à mes éditeurs de travailler avec eux. Sur Vampyria, nous avons 4 artistes qui travaillent avec moi. Nekro qui a réalisé la couverture, il est basé à Barcelone, c’est un artiste catalan. Il a ce style baroque fantastique qui correspond à mon univers. Et j’avais très envie d’avoir des camées des personnages comme ça se faisait beaucoup au 17e siècle. Ce sont ces profils un peu fantomatiques qui permettent d’imaginer le personnage mais sans le représenter complètement. Là c’est une autre artiste espagnole, Loles Romero qui est basée aux Baléares. La titraille, c’est l’objet d’un grapheur français (Tarwane). Et puis dans mes romans, notamment fantasy, j’adore tout ce qui est cartes géographiques parce que ça permet de se projeter."


Carte de Paris présente dans La Cour des Miracles réalisée par Misty Beee


Lors de la lecture à la Chapelle des Carmélites, nous avons eu la chance de découvrir La gigue sans repos. En effet, la musique a été réellement composée pour plus d'immersion dans l'univers de Vampyria ! 

Pour découvrir La gigue sans repos, clique sur l'image

Je clôture cette série d'articles consacrée à Victor Dixen en espérant vous avoir donné envie de découvrir ses romans. Je garderai en mémoire ces rencontres que j'ai trouvé passionnantes. Victor Dixen est un auteur talentueux, humble, ouvert à la discussion et généreux. Je suis ravie d'avoir pu le rencontrer. 

4 commentaires :

  1. Prochaine lecture obligatoire !!!

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  2. Merci beaucoup pour ces chroniques et articles très intéressants.
    J'ai très envie de découvrir cette nouvelle saga, j'avais bien aimé Phobos.

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  3. oh trop bien si Victor fait 12 livres car j'adore cette saga !!! je suis trop fan de l'univers et des personnages ! j'ai déjà trop hâte d'avoir le tome 3 mais pour l'avoir ça va être trop long ! 😭🙈 En tout cas ton article est vraiment TOP !

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Merci pour ton commentaire, à très bientôt pour le prochain article :)